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ARBORETUM — 2018-2023
2023 Doctorat en études cinématographiques, Université de Montréal
PhD : « De l’expérience sensible du dessin à la modélisation numérique en cinéma d’animation. Une démarche de recherche-création »
(D. Arsenault, dir.) Permalien : https://doi.org/1866/31926
COMMENT TRANSFÉRER LA SENSIBILITÉ DU DESSIN À LA MODÉLISATION NUMÉRIQUE ?
Un projet de recherche-création de Janice Nadeau, au département d’histoire de l’art et d’études cinématographiques
de l’Université de Montréal. Direction de recherche : Dominic Arsenault
Paradoxalement, alors que j’anime mes dessins depuis peu, je réalise des films d’animation depuis une dizaine d’années. C’est qu’à la base, je suis une illustratrice qui est passée à l’animation grâce à l’adaptation graphique, en transformant des livres que j’avais illustrés en film d’animation (Nul poisson où aller 2014 ; Harvey 2023)[1]. Mon mémoire de maîtrise analysait justement ce déplacement : L’adaptation de l’image fixe à l’image animée : une approche de recherche-création pour le cinéma d’animation d’auteur (2018). Ainsi, une part de mon expérience est celle de travailler des années sur des images fixes (ou intégrées à une animatique)[2] avant que le projet ne soit financé et que des animateurs prolongent mon posing[3] pour finalement avoir le plaisir de voir mes dessins prendre vie. Une autre part de mon expérience est le rapport au dessin. Entraîner ses mains au dessin exige de nombreuses années, et même toute une vie. Quant à mes mains, je dirais que les gestes répétés du dessin y forment des racines depuis presque vingt ans à travers une pratique qui va de l’illustration d’albums jeunesse et de romans graphiques au cinéma d’animation, en passant par le dessin d’après modèle vivant et le dessin sur le motif (dans la nature, devant le sujet). Le dessin me sert aujourd’hui d’outil pour interroger des souvenirs enfouis, matérialiser des idées, enseigner, animer, chercher, et jouer. La matérialité du dessin m’aimante (papiers, crayons, fusains, plumes à tremper, etc.) ; les sons du dessin m’interpellent (son de pointes qui glissent ou grattent le papier, son de feuilletage ou de caresse du papier) ; les phases du dessin m’ancrent (esquisser par couche, transformer les lignes en formes, chercher des poses expressives, conserver les repentirs, etc.) ; et l’espace de travail et son léger désordre me réconfortent (les résidus de gomme à effacer, les piles de livres, les feuilles volantes, etc.). En somme, j’aime le dessin pour ses aspects sensibles, authentiques, organiques, imparfaits, tactiles, et matériels. C’est donc ce rapport intime entre une dessinatrice et ses dessins encore fixes, avant l’animation, qui est le prélude à cette thèse.
Le problème c’est que pour mon projet de recherche-création, j’ai voulu taire cette prédisposition naturelle au dessin et à l’animation traditionnelle en m’engageant à apprendre la modélisation en image de synthèse, une image issue du calcul mathématique, pour voir comment cela affecterait mes gestes techniques.
[1] Nul poisson où aller (coréalisation de Nicola Lemay et Janice Nadeau, ONF, 2014) est une adaptation du livre du même nom écrit par Marie-Francine Hébert (Les 400 coups, 2013); Harvey (ONF, Folimage 2023) a d’abord été publié sous forme de roman graphique écrit par Hervé Bouchard (La Pastèque, 2009). Outre ces livres que j’avais initialement illustrés et que j’ai adapté en films, j’ai également scénarisé et réalisé le film Mamie (ONF, Folimage 2016).
[2] Animatique : « version préliminaire d’un film, produit en numérisant une succession de dessins fixes issus d’un storyboard, et en ajoutant une bande sonore » (Stevenson et Lindberg 2011, traduction libre). C’est un outil de planification qui permet de visualiser le découpage et d’anticiper la durée avant l’animation.
[3] Le posing est une phase de pré-production où chaque plan est décomposé en autant de niveaux nécessaires pour être animé. Dans le posing d’un plan, les poses-clés des personnages, les décors et les objets sont répartis sur les niveaux selon leur situation et la mise en scène du plan. Par exemple, dans un plan A, le niveau le plus éloigné comprendra le décor, alors que le niveau le plus près comprendra un objet superposé à l’ensemble du plan (Overlay).
Retraçage sur une modélisation (2022)
Inventaire
Enregistrement des gestes
Ce projet a été financé par le Conseil des recherches en sciences humaines du Canada (CRSH) 2018-2021
Diffusion du projet
« Création du nouveau doctorat en recherche-création en études cinématographiques. Présentation des deux premières thèses soutenues dans ce nouveau programme » dans Infolettre en recherche-création de l’UdeM,
Septembre 2023.
Soutenance
Département d’histoire de l’art et d’études cinématographiques
Composition du jury : Olivier Asselin, Louis-Claude Paquin, Kristine Tanton, Claire Legendre (représentante du Doyen),
Dominic Arsenault (Dir.).
Université de Montréal
22 juin 2023
Symposium : l’estampe, empreinte vivante
Histoires, théories, pratiques
« La migration du geste créatif : un projet de recherche-création »
15 au 18 février 2023
Forum doctoral — Séminaire CIN 7003
« La méthodologie par cycles heuristiques : un cheminement productif pour transférer la sensibilité du dessin traditionnel vers la modélisation numérique en cinéma d’animation »
Université de Montréal
12 mai 2021
Trajectoire balado
Bricolage entre dessin traditionnel et image de synthèse
Université du Québec à Montréal
25 Septembre 2020